• SLEEVE : 8 CHOSES QU’IL FAUT SAVOIR AVANT

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    SLEEVE : 8 CHOSES QU’IL FAUT SAVOIR AVANT

     

     

    Vous voulez maigrir et vous avez pensé à la sleeve ? Votre médecin vous l’a proposée ? Principes, effets, risques, reprise de poids... Voilà ce qu’il est important que vous sachiez avant de vous lancer.

     

    La sleeve consiste à couper 2/3e de l’estomac

    ©HAS

    Découverte par hasard au milieu des années 2000, la sleeve est une opération chirurgicale permettant la perte de poids chez des personnes obèses.

    Son principe : la sleeve est une technique restrictive qui consiste à couper les deux tiers de l’estomac, dans le sens vertical. La partie retirée est celle qui contient les cellules qui sécrètent l’hormone stimulant l’appétit (ghréline). L’estomac est réduit à un tube vertical, les aliments passent rapidement dans l’intestin.
    L’intervention est réalisée sous coelioscopie ou sous laparoscopie. Dans certains cas mais c’est moins fréquent, elle peut être faite par laparotomie.

     

     

    50% de risques de regrossir après s’il n’y a pas de suivi

    Sachez-le : on peut regrossir après une sleeve. "La chirurgie n’est pas LE traitement de l’obésité, c’est important d’avoir conscience de cela, insiste le Dr Nicolas Veyrie, chirurgien digestif et de l'obésité. Elle ne doit pas être mise en opposition avec un suivi global et nutritionnel. Mais au contraire faire partie d’un accompagnement multidisciplinaire*. Il faut être suivi avant, pendant et après l’opération. Il n’y a rien de miracle." Un avis que partage le Dr Jean-Yves Le Goff, chirurgien digestif laparoscopique et de l'obésité pour qui "le suivi pré et post-opératoire est aussi important que la chirurgie". Il souligne à ce titre qu’actuellement "40 à 50% des personnes regrossissent dans les 2 à 3 ans suivant une sleeve ou un bypass".

     
    Pourquoi ? "Les gens qui remangent comme avant vont forcer la dilatation de l’estomac" explique le Dr Veyrie. Et à la longue regrossir. D’où l’intérêt du suivi pour reprendre des habitudes alimentaires normales. "La chirurgie n’est pas faite pour être réversible, c’est un outil fort et radical" rappelle le Dr Veyrie. Ce que rejette le Dr Le Goff : "Je suis pour une intervention réversible donc contre le fait de retirer les 4/5e d’un estomac qui est sain, comme c’est le cas dans la sleeve. Il faut être le plus conservateur possible."

    Ce dernier est à l’origine d’une nouvelle technique de chirurgie bariatrique dont il devrait prochainement donner les détails.

    *médical, nutritionnel, diététique et psychothérapeutique

     

     

    Des risques de fistules et de reflux

    La sleeve n’est pas dénuée de risques. Il vaut mieux les connaître avant. Pour le Dr Nicolas Veyrie, il y a trois grandes complications, qui surviennent généralement dans les 2 à 3 premiers jours suivant l’opération :

    - la plus fréquente et la plus redoutée : la fistule, c'est-à-dire une mauvaise cicatrisation et une fuite. Or, comme il y a des bactéries dans le contenu gastrique, cela peut entraîner un abcès ou une péritonite.
    - l’hémorragie : l’estomac est l’organe le plus vascularisé de l’organisme.
    - une complication médicale : la phlébite ou l’embolie pulmonaire.

    Mais aussi :
    - des risques de carences à cause d’un défaut d’absorption de certaines vitamines. "Elles sont moins importantes que pour le bypass mais il faut le savoir" précise le Dr Jean-Yves Le Goff.
    - les reflux : "On enregistre 70% de reflux à 5 ans avec la sleeve, il faut parfois ré-opérer les gens pour leur poser un bypass" poursuit le Dr Le Goff.
    - la mortalité : 0,5% des cas (toutes équipes confondues en France) dans les 30 premiers jours.

     

     

    On mange moins sans avoir faim

    Avoir recours à une sleeve modifie le comportement alimentaire. "Les gens mangent peu en quantité mais il y a un effet endocrinien qui fait qu’ils n’ont pas la sensation de faim donc pas de frustration" explique le Dr Veyrie. En cause : la partie retirée de l’estomac lors de la sleeve est celle qui fabrique la ghréline, une hormone qui joue un rôle dans la régulation de la satiété. De plus "les patients mangent de tout et ont autant de plaisir à manger qu’avant puisque ce plaisir vient de la sensation de satiété, pas dans la quantité".

     

     

    Des résultats "phénoménaux" mais pas pour l’esthétisme

    La sleeve permet de perdre entre 20 et 30% de son poids initial. "Les résultats sont phénoménaux mais on ne la réalise pas pour l’esthétisme" insiste le Dr Nicolas Veyrie. "Elle est faite pour soigner les gens et améliorer leur confort de vie."

    A savoir : il n’y a pas de vitaminothérapie suite à une sleeve, contrairement au bypass. Lors d’une sleeve, on doit prendre des vitamines pendant un certain laps de temps après l’opération mais pas à vie comme avec le bypass.

     

     

    Une opération suivie de nausées

    En moyenne, il faut compter 4 jours d’hospitalisation pour une sleeve. "Le plus dur ce sont les deux jours suivant l’opération, non pas à cause des douleurs, parce que l’opération n’est pas douloureuse en soi mais parce qu’il y a pas mal de nausées" prévient le Dr Veyrie.

    Au bloc, la durée de l’intervention moyenne est d’1h-1h10.

     

     

    Une opération sous conditions

    En France, le recours à la sleeve nécessite une demande d’entente préalable à la Sécurité sociale pour être pris en charge. Cette entente préalable précise que l’IMC doit être supérieur ou égal à 35, et associé à une ou plusieurs comorbidités (diabète…) liés à l’obésité pour avoir recours à l'opération. 

    Les conditions sont identiques pour l’anneau gastrique et le bypass.

    A savoir : la Haute autorité de santé (HAS) a listé plusieurs critères de qualité pour l’évaluation et l’amélioration des pratiques de chirurgie de l’obésité.

     

     

    Des différences avec l’anneau gastrique et le bypass

    ©HAS

    L’anneau gastrique : la pose d’un anneau gastrique (gastroplastie) resserre la partie supérieure de l’estomac, donc diminue le volume de l’estomac et ralentit le passage des aliments. La digestion des aliments n’est pas perturbé et le sentiment de satiété augmenté.
    Perte de poids : 40 à 60% de l’excès de poids (HAS).

    Le bypass : Le bypass consiste à court-circuiter un mètre d’intestin en créant un raccordement plus court avec l’œsophage. Cela diminue la quantité d’aliments ingérés et leur assimilation. C’est une technique moins pratiquée en France car elle requiert une technicité très importante.
    Perte de poids : 70 à 75% de l’excès de poids (HAS)

    Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que la chirurgie, seule, n’est pas à une solution pour maigrir. Elle doit être associée à un processus global. "Le but étant d’avoir un traitement pérenne, sur le long terme et qui facilite la vie le plus possible aux patients" conclut le Dr Veyrie.

     

    Publié par Aurélie Blaize, journaliste santé

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