• La musique : une large gamme de bienfaits pour la santé

    La musique : une large gamme de bienfaits pour la santé

     

     

     

     

     

     

     

    Pop, rock, jazz ou classique… la musique parle le langage de chacun, celui de l’émotion. Peut-elle aussi améliorer nos performances ? Les scientifiques ont montré ses effets bénéfiques sur l’intelligence, la douleur, la mémoire mais aussi le sport.

     

     

    Tous accros à la musique !

    Tous accros à la musique !

    A chaque période de la vie sa bande-son ! La musique suit le cours de notre existence et accompagne la plupart de nos rituels. D’ailleurs, cette passion ne date pas d’hier : des flûtes fabriquées dans de l’os, vieilles de 40 000 ans, ont été exhumées lors de fouilles archéologiques1… Alors, pourquoi ne peut-on pas se passer de musique ?

    C’est ce qu’a cherché à savoir le Dr Valorie N.Salimpoor, de l’Institut de recherche Rotman de Toronto2. Avec son équipe, elle a scruté le cerveaude volontaires pendant l’écoute de leur chanson favorite. Premier constat : de la dopamine était libérée dans certaines aires cérébrales, pile au moment où le sujet ressentait un frisson.

    Mais ce n’est pas tout. En regardant d’un peu plus près une des zones du cerveau mises en évidence, le striatum, les scientifiques ont observé que la libération de dopamine survenait en deux temps. Au moment où le climax du morceau survient, provoquant un pic émotionnel intense et un relâchement de la tension. Mais aussi avant ce pic, lorsque le sujet anticipe sa survenue. Ce plaisir de l’anticipation explique pourquoi nous écoutons en boucle le même tube, au grand dam de notre entourage.

    Dopamine, striatum et émotion… avez-vous trouvé le point commun ? Ces éléments interviennent dans le système de récompense, le mécanisme cérébral des plaisirs mais aussi des drogues. Nos besoins fondamentaux, comme manger ou faire l’amour, génèrent un plaisir qui n’est pas anodin. Cette sensation de satisfaction nous motive à reproduire le même comportement, encore et encore, jusqu’à ce qu’il devienne une habitude3. C’est donc grâce à ce système de récompense que nous apprenons, et que notre espèce survit et évolue. 

    Le rôle de la musique dans l’évolution est encore loin d’être établi. Certains chercheurs affirment même que notre amour du bon son ne serait que le fruit du hasard, une sorte de « cerise sur le gâteau » de nos fonctions cérébrales4. Indispensable ou non pour l’espèce, la musique est une expérience unique pour chacun et commune à tous. Elle nous fait vibrer et nous rassemble, incontestablement.

    1. Mithen, S. (2005). The singing Neanderthals: The origins of music, language, mind and body. London: Weidenfeld and Nicholson.
    2. Salimpoor VN et al. Anatomically distinct dopamine release during anticipation and experience of peak emotion to music.Nat Neurosci. 2011 Feb;14(2):257-62. doi: 10.1038/nn.2726. Epub 2011 Jan 9.
    3. Keitz M et al. Reward processing in the brain: a prerequisite for movement preparation? Neural Plast. 2003;10(1-2):121-8.
    4. Pinker, S. (1997). How the Mind Works. New York, NY: W. W. Norton & Company.

     

     

    La musique rend-elle plus intelligent ?

    La musique rend-elle plus intelligent ?

    Le lien entre quotien intellectuel (QI) et musique a été fait pour la première fois en 1993 par Frances Rauscher de l’Université de Californie à Irvine1. La scientifique avait observé que juste après l’écoute d’une Sonate en ré majeur de Mozart, 36 étudiants avaient obtenu des résultats supérieurs d’habilité spatiale à leur test de QI.

    Il n’en fallait pas plus pour que le grand public et les médias s’empare du résultat et ne prescrive une écoute intensive de musique classique aux enfants, voire aux fœtus. Cinq ans plus tard en Floride (Etats-Unis), une loi imposa même aux crèches de diffuser du Beethoven tous les jours à l’heure de la sieste. L’engouement fût tel que de nombreux chercheurs tentèrent de reproduire l’expérience, sans toujours y parvenir2. Mais les découvertes se précisèrent.

    Les tubes populaires ont-ils le même effet sur le QI que les œuvres de grands compositeurs ? Oui, si l’on en croit les résultats d’une étude menée sur des adolescents en 20053. Il faut avant tout que la musique plaise pour obtenir un « éveil » des capacités intellectuelles. Que l’on écoute du Mozart ou du David Guetta, si l’émotion est au rendez-vous, les fonctions cognitives sont stimulées.

    Pour que cet éveil des capacités soit maintenu dans le temps et que l’intelligence des enfants se développe harmonieusement, pratiquer un instrument serait encore plus efficace. C’est ce qu’a montré une équipe de recherche, en interrogeant 147 enfants canadiens âgés de 6 à 11 ans4. Plus les jeunes musiciens avaient pris de leçons, plus leurs performances intellectuelles et leur réussite scolaire étaient élevées (de manière modeste). Ces résultats étaient indépendants du niveau d’éducation, ou du salaire des parents et s’appliquaient à toutes les dimensions évaluées dans le test de QI (verbal, mathématique, spatial).

    Si une corrélation entre l’intelligence et la pratique de la musique a bien été mise en évidence, ce résultat peut être interprété de plusieurs manières. Prendre des cours favorise-t-il le développement cérébral ou c’est une plus grande intelligence qui pousse l’enfant à prendre plus de cours ?

    1. Rauscher, F. H., Shaw, G. L., & Ky, K. N. (1993). Music and spatial task performance.Nature, 365,611.
    2. Catherine Latendresse, MTA "Justesse sur l’effet Mozart et ses fausses notes"(pdf) accessible en ligne à l'adresse http://www.musicotherapieaqm.org (consulté le 12/02/2016)
    3. Schellenberg, E. G., & Hallam, S. (2005). Music listening and cognitive abilities in 10 and 11 year olds: The Blur effect. Annals of the New York Academy of Sciences, 1060, 202-209.
    4. Schellenberg, E. G. (2006). Long-term positive associations between music lessons and IQ. Journal of Educational Psychology, 98, 457-468.

     

     

    La mélodie du bien-être

    La mélodie du bien-être

    La musique est le langage de l’émotion, c’est pour cela qu’elle nous parle à tous. Certains sentiments, comme la saudade portugaise, ne s’expriment d’ailleurs qu’à travers le chant et la mélodie.

    Les neuroscientifiques ont montré comment la musique nous touche et modifie certaines de nos réactions physiologiques. Par exemple, l’écoute d’une musique au rythme rapide augmente le rythme du cœur et de la respiration. Une musique joyeuse et calme aura naturellement l’effet inverse1.

    Au-delà du rythme cardiaque, d’autres indicateurs de stress peuvent être modulés. Chez des bébés de 6 mois, 20 minutes de chant et d’interaction maternelle régulent le taux de cortisol, l’hormone du stress2. Les adultes bénéficient aussi de cet effet relaxant. Une étude a montré qu’écouter une musique zen après un stress intense stoppait l’augmentation du taux de cortisol3.

    Petite musique de nuit

    La musique douce, meilleur somnifère naturel ? Alliée de nos moments de repos de jour, nous en tirons aussi bénéfice la nuit. Selon les résultats de nombreuses études, la musique améliore la qualité du sommeil sur tous les plans. Elle facilite l’endormissement, diminue le nombre de réveils, augmente la durée du sommeil et l’impression de repos4.

    1. Patrick Gomez and Brigitta Danuser Relationships Between Musical Structure and Psychophysiological Measures of Emotion. Emotion 2007, Vol.7, No.2,377-387
    2. Shenfield T and al. Maternal Singing Modulates Infant Arousal. Psychology of Music October 2003 vol. 31 no. 4 365-375
    3. Khalfa, S., Dalla Bella, S., Roy, M., Peretz, I., & Blondin, J. P. (2003). Effects of relaxing music on salivary cortisol level after psychological stress. Annals of the New York Academy of Science, 999, 374-376
    4. de Niet G, Tiemens B, et al. Music-assisted relaxation to improve sleep quality: meta-analysis. J Adv Nurs. 2009; 65(7):1356-64.

     

     

     

    Ode à la musicothérapie

    Ode à la musicothérapie

    Rien de tel que de fredonner un air pour commencer la journée du bon pied. En améliorant notre humeur, la musique est un soutien efficace au quotidien. Et peut faire la différence dans les moments difficiles.

    A l'hôpital Necker Enfants malades à Paris, l’effet dopant de la musique sur le moral est utilisé chaque jour au bloc opératoire. Musiciens et éducateurs accompagnent l’enfant en musique dans tous les actes médicaux. Ils créent ainsi un environnement rassurant, une enveloppe sonore qui permet à l’enfant de faire face à l’angoisse, mais aussi à la douleur1.

    Un anti-douleur sans effets secondaires

    La musique aide à lutter contre la douleur : l'hypothèse a été vérifiée dans de nombreuses études depuis une vingtaine d’années. Mal de tête, lombalgie2, douleurs chroniques3 (polyarthrite rhumatoïde, arthrose, fibromyalgie4 etc), la musique diminue la perception de la douleur.

    Doit-on pour autant remplacer son pharmacien par un bon disquaire ? Pas si l’on en croit les études sur la puissance de l’effet analgésique de la musique. L’une d’entre elles s’est penchée sur les douleurs de l’accouchement. Les investigateurs de l’étude ont réparti au hasard 101 femmes en deux groupes dès le début du travail : l’un bénéficiait de massages, l’autre de musique. Résultat : la différence entre les deux techniques était significative. La douleur était efficacement réduite par le massage, mais pas par la musique5.

    Si la musique ne remplace pas les médicaments, elle constitue une approche thérapeutique complémentaire bénéfique pour les malades hospitalisés6. Que ce soit au bloc opératoire, en soins palliatifs7 et soins intensifs8, en institution ou au cours de traitements lourds (comme la chimiothérapie9) la musicothérapie a fait ses preuves.

    1. Association Sparadrap "Hôpital Necker Enfants malades à Paris - Anesthésie, réanimation chirurgicale, secteur pédiatrie" (en ligne) accessible sur le site www.sparadrap.org [consulté le 14/02/2016]
    2. Nickel AK, Hillecke T, et al. Outcome research in music therapy: a step on the long road to an evidence-based treatment. Ann N Y Acad Sci. 2005; 1060:283-93.
    3. Schorr JA. Music and pattern change in chronic pain. ANS Adv Nurs Sci. 1993; 15(4):27-36.
    4. Linnemann A and al The effects of music listening on pain and stress in the daily life of patients with fibromyalgia syndrome. Front Hum Neurosci. 2015 Jul 30;9:434. doi: 10.3389/fnhum.2015.00434.
    5. Taghinejad H, Delpisheh A, Suhrabi Z.Comparison between massage and music therapies to relieve the severity of labor pain.Womens Health (Lond Engl). 2010 May;6(3):377-81. doi: 10.2217/whe.10.15.
    6. Evans D. The effectiveness of music as an intervention for hospital patients: a systematic review. J Adv Nurs. 2002; 37(1):8-18.
    7. O’Callaghan CC. Pain, music creativity and music therapy in palliative care. Am J Hosp Palliat Care. 1996; 13(2):43-9.
    8. Wilkins MK, Moore ML. Music intervention in the intensive care unit: a complementary therapy to improve patient outcomes. Evid Based Nurs. 2004; 7(4):103-4.
    9. Ferrer, A. J. (2007). The effect of live music on decreasing anxiety in patients undergoing chemotherapy treatment. Journal ofMusic Therapy, 44, 242-255

     
     
     

    La musique et la mémoire : se souvenir des belles choses

    La musique et la mémoire : se souvenir des belles choses

    Depuis des siècles, l’homme se sert de la musique pour se souvenir. A l’image des ménestrels du Moyen Âge qui transmettaient l’histoire à travers les chansons. En Afrique de l’Ouest, certains musiciens font encore vivre cette tradition « nous sommes la mémoire, les archives de notre culture » résume le musicien malien Toumani Diabaté1.

    Alors, pour apprendre un texte ou un poème, faut-il mieux le réciter ou le chanter ? Cela dépend de la mélodie choisie, nous apprennent les études. Si elle est trop complexe ou mal associée aux paroles, elle ralentira l’apprentissage du texte. Bien choisie, la musique permet de se souvenir de textes plus complexes, plus longtemps. Son rythme, ses variations et l’organisation des phrasés sont autant d’indices qui renseignent sur la structure du texte2.

    Et puis, les émotions jouent un rôle crucial pour la mémorisation3. En nous touchant au plus profond de nous-même, la musique nous aide à nous souvenir ce qui nous sommes et de ce que nous avons vécu.

    Quand la mémoire vient à manquer, comme dans la maladie d’Alzheimer, la musique est un soutien efficace. En 2006, une étude menée chez 10 patients en stade léger à modéré de la maladie d’Alzheimer, a montré une augmentation de la mémoire autobiographique et une baisse de l’anxiété dans une situation de remémoration musicale4. D’ailleurs, de nombreuses anecdotes rapportent une préservation relative de la mémoire musicale malgré la maladie.

    Mieux comprendre les liens entre musique et mémoire permettent d’entrevoir de nouvelles thérapies complémentaires pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Et de généraliser l’utilisation de la musique comme moyen mnémotechnique. Aline Moussard de l’Université de Montréal et ses collègues ont comparé l’apprentissage et le rappel de textes parlés et chantés par une personne atteinte d’un stade léger de la maladie. Si le langage a permis au sujet de retenir plus rapidement l’extrait, le chant a été plus efficace sur le long terme5. 

    1. Anne Berthod "De griot en griot, l'histoire chantée de Soundiata Keita" publié le 09/07/2014 sur Télérama.fr [consulté le 15/02/2016]
    2. Aline Moussard et coll. "La musique comme outil de stimulation cognitive" l'année psychologique, septembre 2012. Impact Factor: 0.36 • DOI: 10.4074/S0003503312003077
    3. Kensinger E and Corkin S. "Memory enhancement for emotional words : are emotional words more vividly remembered than neutral words ?" Memory and Cognition 2003, 31(8), 1169-1180.
    4. Irish, M., Cunningham, C. J., Walsh, J. B., Coakley, D., Lawlor, B. A., Robertson, I. H., & Coen, R. F. (2006). Investigating the enhancing effect of music on autobiographical memory in mild Alzheimer’s disease. Dementia and geriatric cognitive disorders, 22, 108-120.
    5. Aline Moussard et coll. "La musique comme outil de stimulation cognitive" l'année psychologique, septembre 2012. Impact Factor: 0.36 • DOI: 10.4074/S0003503312003077

     
     
     
     

    La musique booste-t-elle les performances sportives ?

    La musique booste-t-elle les performances sportives ?

    Quelle que soit la compétition sportive, l’image est la même : les athlètes se préparent écouteurs visés sur les oreilles. La musique booste-t-elle vraiment lesperformances ? Où est-elle juste un moyen de faire face au stress ?

    Pour mesurer l’effet de la musique sur nos capacités, une équipe de recherche américaine a fait grimper 60 volontaires, de 10 à 80 ans, sur des vélos d’appartement, après leur avoir fait écouté un extrait musical doux ou rythmé (de type techno). Puis, les participants avaient 2 minutes pour pédaler de toutes leurs forces. Résultat : ceux qui avaient écouté de la musique, quel que soit son rythme, établissaient une meilleure performance que ceux qui n’avait pas bénéficié d’un extrait sonore1.

    Depuis cette première étude, de nombreuses autres ont voulu objectiver un tel effet. En 2012, l’association scientifique du sport et de l’exercice physique de Grande-Bretagne (BASES) a fait le point sur toutes ces études2. Pour les auteurs de la synthèse, la musique est dotée de qualités incomparables en termes de motivation. Ainsi stimulé, le sportif ressent moins la fatigue liée à l’exercice : son endurance, son énergie, sa force sont augmentés. Marcher en rythme sur une musique diminue par exemple l’épuisement de 15 %. Ce que les fanfares militaires savent depuis longtemps...

    L’effet dopant de la musique est d’autant plus important que la musique est synchronisée avec l’exercice, comme c’est généralement le cas dans les cours de fitness. Un autre facteur souligné par les auteurs est la signification que la musique peut avoir pour le sportif. Il y a fort à parier que la musique de Rocky Balboa ait plus d’impact que celle de Disney chez un boxeur avant un match.

    1. Becker N et al. Mellow and frenetic antecedent music during athletic performance of children, adults and seniors". Perceptual and motors skills, 1994,79,1043-1046.
    2. BASES. The BASES Expert Statement on the Use of Music in Exercise (en ligne) accessible à l'adresse www.bases.org.uk [consulté le 15/02/2016]

     

    Marie-Aymeline Caron

    passeportsante.net

     

     

     

     

     

     

     

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