• JOURNÉE MONDIALE DE L'ENFANT AFRICAIN

    16 JUIN Journée Mondiale de l'enfant Africain 

     

     JOURNÉE MONDIALE DE L'ENFANT AFRICAIN
     

    Le 16 juin, les coalitions africaines de l'action mondiale contre la pauvreté organisent des actions simultanées pour la Journée de l’Enfant Africain. Cette Journée de l’Enfant Africain est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid. Les coalitions de l’action mondiale contre la pauvreté ont choisi cette occasion pour en faire la Journée Africaine du Bandeau Blanc et pour faire une demande régionale auprès des dirigeants des pays concernés afin qu'ils agissent immédiatement pour éradiquer la pauvreté extrême qui cause la mort d'un enfant toutes les 3 secondes en moyenne.sce 

    Que s’est-il passé à Soweto ?  

    16 juin 1976, nous sommes à Soweto, une banlieue noire située au sud-ouest de Johannesburg en Afrique du Sud. 1 millions d’habitants, dont 54% sont au chômage, 86% des logements sans électricité, 93% sans installation sanitaire. Nous sommes encore sous le régime de l’Apartheid, mot afrikaans qui désigne la séparation raciale. Les grands leaders de l’opposition noire, comme Nelson Mandela, sont en prison depuis des années ou en exil. Le sont les syndicats étudiants, comme l’African Students Movement, qui essaient de résister au système puissant de l’homme blanc qui le traite en sous-homme. Une nouvelle génération s’engage dans la lutte contre la ségrégation.  

    Les écoliers et étudiants, avec le soutien du mouvement de conscience noire, se rassemblent alors ce 16 juin 1976, pour protester contre la décision administrative, qui leur donne obligation de suivre leur enseignement en afrikaans, la langue des boers(paysans) ou afrikaners, principale communauté blanche qui a fondé en 1949 l’apartheid. Cette langue est parlée depuis trois siècles par les blancs qui habitent le pays. En réalité c’est de l’hollandais créolisé par les colons hollandais.  

    Nous sommes alors en pleine période d’examen. Depuis trois semaines, certains élèves du lycée technique de Phefeni, observent une grève. Car les matières principales comme la géographie, l’histoire, les mathématiques, leur sont imposées en afrikaans au lieu de l’anglais. Les jeunes noirs refusent cette discrimination. Peu d’entre eux la maîtrise et aucun ne veut se cultiver avec la langue du possesseur !  

    Entre 8h et 9h30 du matin, des milliers de jeunes commencent à se réunir silencieusement devant l’école Morris Isaacson, autour des banderoles, qui disent non à l’afrikaans, ayant reçu des consignes non violentes de leur leader, Tiestsi Mashinini. Ils sont peut-être 10 000 estime, l’un des manifestant à l’époque. Les jeunes ont l’intention de marcher dans tout  Soweto avant de rejoindre le stade d’Orlando. Mais c’est sans compter avec la police qui elle, a reçu l’ordre du ministre de la justice, de rétablir l’ordre à tout prix et par tous les moyens possibles !   

    La police, à peine une cinquantaine, somme la foule de  jeunes de se disperser. Bien sûr ceux-ci refuse. Elle lance d’abord les chiens, puis les grenades lacrymogènes,  et sans plus attendre, nerveux et peu préparés, ouvre le feu à balles réelles, sur les jeunes désarmés.  

    Des centaines de jeunes tombent sous les coups de tir, plus de 570 selon les témoignages, alors que le bilan officiel fait état de 23 morts et 220 blessés. De nombreux tirs ont été portés dans le dos. Des enfants de 12 ans ont été froidement abattus. Les chefs des partis noirs sont arrêtés. Steve Biko, chef du mouvement de la Conscience noire, est arrêté et tué suite à d’importants et violents coups portés à la tête. C’est un vrai bain de sang !  

    Les émeutes se répandent alors dans toutes les banlieues pendant 6 jours. La police surarmée (renforts, fusils à pompe et munitions leur arrivent par hélicoptère), contre une foule en colère, avec comme seules armes des cailloux, bouteilles et des bricoles. Le mouvement de révolte s’étend rapidement à tout le pays pendant 15 mois.  

    Les étudiants et élèves blancs manifestent à Johannesburg pour apporter leur soutien aux émeutiers noirs que la police continue à abattre froidement. Les ouvriers se sont joints à la révolte. Le massacre est d’autant plus important. Tous les symboles de la ségrégation sont mis à feu, écoles de l’apartheid, bus de transport des ouvriers noirs vers leurs lieux d’exploitation… 

    Un vrai massacre qui oblige le gouvernement à retirer sa circulaire administrative. Leur violence est telle, qu’elle alerte l’opinion internationale. L’ONU en 1977 émet un embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Afrique du Sud. Il faudra attendre 17 ans plus tard pour l’abolition de l’apartheid.  

    Les émeutes de Soweto ont été mises en scène à la fin du film Cry Freedom de Richard Attenborough et en 1992 dans la comédie musicale Sarafina! de Darrell Roodt. Elles apparaisssent aussi au début du film Une saison blanche et sèche de Euzhan Palcy en 1989

     

    MASSACRE DES ENFANTS DE SOWETO  

    jeudi 17 juin 2010  

    JOURNÉE MONDIALE DE L'ENFANT AFRICAIN

    L’image a fait le tour du monde. A elle seule, elle a conscientisé le monde sur l’enfer que vivaient les Noirs sud-africains sous le régime de l’apartheid. C’est la photo de cet écolier tenant dans ses bras un autre plus jeune, fauché par une balle, avec à côté une fille en larmes. Cet innocent enfant est une des nombreuses victimes de la barbare répression des émeutes de Soweto, le 16 juin 1976. En ces années de braise-là, refuser d’adopter l’afrikaans, la langue de l’apartheid, pouvait vous valoir la mort. C’est ce refus conscient qui a amené les élèves à manifester et à se faire massacrer. 

     

    Une nouvelle génération lutte  

    Les insurrections ne s’arrêtent pas pendant 15 mois, les jeunes sont volontaires pour l’insurrection et la lutte pour la liberté et leurs droits. Mais là où le bas blesse, c’est dans le manque de structuration.  

    Partout en Afrique australe le colonialisme bat en retraite. Du fond de sa prison, Nelson Mandela, tente de comprendre les événements de Soweto. Deux générations se croisent, une plus courageuse, hostile et agressive, avec comme slogan « un colon, une balle ». L’autre modérée et pacifique. Si la révolution de conscience de masse est une bonne chose, la canaliser et l’optimiser en est une autre.  

    Quand en 1980 commence la grande campagne de libération de Nelson Mandela, grâce à l’influent quotidien le Post, c’est un espoir de rassemblement, de canalisation, de structuration qui voit le jour, au travers des « comités Mandela » qui pullulent à travers tout le pays. Quand enfin en 1991, Mandela est libéré, après bien des péripéties, c’est enfin la lutte organisée qui met fin aux révoltes spontanées pour la construction de la nouvelle Afrique du Sud !  

     

    Que nous apprennent les enfants de Soweto ?  

    Tous les conflits vers la liberté sont sanglants et extraordinaire parce qu’ils marquent la prise de conscience !  

    C’est l’accélération de la dynamique sociale qui marque le changement et donne une nouvelle impulsion aux idées que l’on défend et aux besoins d’application de ce changement. A un moment donné les mouvements socio-intellectuels spontanés des plus jeunes, imposent un rythme aux attitudes latentes, de changement organisé, traditionnel et continuel basée sur l’expérience des plus grands. Des points de rupture font jour, au point, qu’il faille une nouvelle unité structurante, qui associe l’accélération de la dynamique sociale et le bouleversement socio-intellectuel de prise de conscience et c’est de là que naît le changement  !  

    Tous nos changements historiques sont partis de là et continueront à partir de là. Car il faut que les conflits de générations s’estompent pour que prenne place la force créatrice des générations.  

    Le mouvement des anciens, s’est accéléré par la hardiesse des plus jeunes, pour qu’enfin l’unité structurante fasse jaillir une nouvelle société, voire un nouveau pays.  

    Dans nos mouvements, quelle qu’en soit l’échelle, familiale, professionnelle, sportive, associative, les générations demeurent une force, non une tare, mieux s’entendre pour mieux visualiser et enfin mieux créer, c’est le passage obligé du renouveau.  

    cvfg

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